Une pensée complètement inutile m'a frappé ce matin pendant que je dictais à Claude. Il y a 20 ans (mince, dire ça me fait me sentir vieux), j'ai passé les examens du brevet français (ces tests de fin de collège qui durent plusieurs jours) dans les conditions les plus étranges imaginables. J'étais le seul gamin dans une salle vide, avec un surveillant (en français, on les appelle "pions"), assis en face de moi. Je n'avais pas le droit d'écrire un seul mot moi-même. Au lieu de cela, je devais tout dicter à voix haute, et il l'écrivait pour moi. Vous vous demandez probablement pourquoi diable c'était nécessaire. Deux semaines avant les examens, je me suis cassé le poignet. La première fois, c'était à cause d'une chute stupide de deux mètres, je suis tombé mal, douleur insensée, mais moi, adolescent, j'ai décidé de "tenir le coup" comme un personnage de Dragon Ball. Pas d'hôpital, pas de dire à mes parents. Juste une pure énergie de protagoniste Shonen : la douleur est temporaire, la gloire est éternelle. (Spoiler : j'aurais dû arrêter de regarder des anime des années plus tôt.) Une semaine plus tard, toujours dans le déni, j'ai proposé de jouer gardien de but dans un brutal match de foot de rue avec des amis. Ces matchs étaient pratiquement une guerre, contact total, pas de pitié. Un gars avec des jambes comme un canon a tiré un ballon à plus de 100 km/h. Je l'ai arrêté... mais au prix de me re-casser le même poignet, le transformant en une véritable double fracture. Donc ouais, pas d'écriture pour moi. Salle séparée, dictée uniquement. Avançons jusqu'à aujourd'hui. Alors que je dicte des prompts à mon ordinateur (plus rapide, plus naturel que de taper), laissant l'IA gérer des tâches folles, cela m'a soudainement rappelé ce surveillant. À l'époque, je faisais déjà de la "dictée vocale", juste avec un modèle humain qui était douloureusement lent, ne pouvait pas autocorriger, ne pouvait définitivement pas penser à l'avance, et exigeait que je reste poli et patient tout le temps (peu importe à quel point j'étais frustré). Avec Claude, je peux râler, crier, jurer quand ça foire, et ça continue juste. Quoi qu'il en soit, c'est mon déversement de nostalgie inutile pour la journée. Si vous êtes arrivé jusqu'ici, désolé pour les cellules cérébrales que vous avez perdues.